Apprendre une langue avec la Radio ?

 

Bon je dois l’admettre, j’ai fait des erreurs.

Beaucoup d’erreurs.

Le genre que vous ne remarquez pas tout de suite mais qui, quelques jours ou
mois plus tard, vous saute aux yeux. Vous savez cette fille rencontrée en
soirée et qui vous envoyait des signaux non-stop, mais que vous n’aviez pas capté…

Typiquement le genre de choses qui ne semblent pas importantes
sur le moment, mais qui vous reviennent plus tard en tête telles un boomerang
au coin du nez : ça fait mal !

J’ai fait ce genre de bêtises dans mon apprentissage du Suédois.
Pour resituer, je suis infirmier en Suède depuis plus de 3 ans et j’ai dû apprendre la langue assez rapidement pour me débrouiller, vite trouver un petit boulot et survivre financièrement.

Ma technique d’apprentissage était simple : me plonger la tête dans les livres.

Dans un premier temps j’ai beaucoup progressé car je prenais des cours à l’Université de Stockholm.
Les leçons étaient organisées en travaux de groupe durant lesquelles nous ne devions nous exprimer qu’en Suédois. Bien-sûr le niveau n’était pas bien haut. Ça consistait plus ou moins à se présenter à
quelqu’un, savoir retranscrire la présentation de son partenaire à l’oral, lire
et dire l’heure… Bref, les fondamentaux.

Chaque cours permettait théoriquement d’accéder à un niveau supérieur de maîtrise de la langue (De 0 à A1; de A1 à A2…)

Le problème étant que ces cours étaient très chers.
Je suis arrivé en Suède avec quelques écus de côté, mais je ne pouvais pas me permettre de payer ce prix-là. (Il fallait compter autour des 500 € pour 5 semaines de cours intensifs)
Alors j’ai décidé de continuer tout seul avec le matériel de ma petite bibliothèque.
Ma compagne qui m’a accompagné continuait les cours pour passer du niveau A1 au A2.

Étant donné que procrastination est mon deuxième nom, je me suis fixé un objectif :

Atteindre le même niveau de maîtrise que ma compagne qui prenait des cours à l’Université.

Ambitieux mais pas impossible.

Autant dire que je ne comptais pas les heures de travail quotidiennes. Dès que mon planning me le permettait, je me plongeais de nouveau dans mes bouquins, faisant tout mon possible pour comprendre la grammaire et le vocabulaire suédois.

Je revois encore la petite table ronde contre le mur, juste en face de la cuisine. Ma tasse de thé fumant sur ma droite, ma petite trousse d’écolier devant moi (Oui oh ça va hein !), mes livres ouverts sur des
textes en suédois et mon carnet de note pour écrire mes leçons.

J’étais très assidu, car je devais atteindre le même niveau que ma compagne.
Ce que j’ai fait… En théorie.

Comme je l’expliquais, quand je travaillais avec mes livres essayant des techniques de visualisation pour mieux retenir le vocabulaire. Elle s’entraînait à écouter et à parler le suédois.
Elle suivait également les conseils de ses profs en suivant des programmes de radio ou télévision suédoises. La frustration de ne pas comprendre n’était pas un problème. Elle passait outre ce
sentiment désagréable et continuait sur sa lancée.

J’ai moi aussi essayé mais ne comprenant pas l’intérêt de cet exercice, je n’ai pas supporté la frustration.

Vous vous souvenez de ces fameuses erreurs auxquelles on ne
prête que peu d’attention mais qu’on regrette plus tard ?…

On est en plein dedans !

J’ai continué mon petit bonhomme de chemin, toujours la tête dans mes livres,
rencontrant de temps en temps des Suédois passionnés de la langue française avec lesquels je mettais mon enseignement en pratique.

Jusqu’au jour où mon contrat de travail s’approchait à sa fin.
Fini le planning arrangeant qui facilitait bien mon apprentissage.
Plus de petite table ronde en face de la cuisine…


Alors il fallait passer à la vitesse supérieure : je suis retourné à l’université.
Mais cette fois-ci le cours n’était pas intensif.

Il était extra-intensif.

L’objectif était de parler Suédois au niveau C1, soit presque couramment. La formation durait deux semaines à raison de 5 heures de Suédois quotidiennes.

Oui, 5 heures.

Ce n’était pas de tout repos, mais ça promettait de me faire évoluer rapidement :
Le professeur mettait l’accent sur la compréhension et l’expression orales
ainsi que l’expression écrite.
Logique, vu le niveau auquel je me frottais.

  • Le premier jour, j’arrive en retard.

Première claque.

  • Une fois la porte franchie, le professeur m’adresse
    la parole. Je ne comprends rien.

Deuxième claque.

  • Obligé de parler anglais, il me demande comment
    je m’appelle.

Je vous laisse imaginer l’embarras quand ça se passe devant
une classe pleine d’une vingtaine de personnes. Ajoutez à cela le dégoût de se
retrouver à ne pas comprendre une phrase aussi simple que « Comment t’appelles-tu ? » après tous ces mois de travail, et vous obtenez un coup de pied retourné au visage.

Malgré ça j’ai tout de même tenu bon et me suis battu pour tenir ces deux semaines intensives.
Je savais pertinemment que je n’atteindrais pas mon objectif mais je comptais bien emmagasiner le plus d’informations possibles.

Quelques semaines plus tard, je commence mon premier travail dans le domaine de
la santé en Suède : Aide-soignant.

  • Le premier jour j’arrive à l’heure.

« Yes ! »

  • Je comprends les premières conversations avec
    mes nouveaux collègues

« Super ! »

  • Une aide-soignante se charge de mon
    introduction, m’expliquant l’organisation du service et tout ce que je dois
    savoir. Je ne comprends rien.

Coup de pied en piqué diagonal, Uchi-Mata, coup de chaise
dans la tronche.

Je pouvais former des phrases et connaissais la plupart des
règles de grammaire, mais ma compréhension et expression orales n’étaient pas
du tout au niveau.

Il m’a fallu un temps d’adaptation (environ 6 mois supplémentaires) pour finalement avoir un niveau acceptable. En effet en travaillant j’étais constamment baigné dans le suédois : je devais l’écouter,
l’écrire et le parler.

Tout ce qui manquait à mon apprentissage.

Les livres sont bourrés d’informations et de connaissances.
Mais ils ne représentent pas la vraie vie. J’aurais dû prendre en compte les conseils de mon entourage et me forcer à écouter la radio ou télévision locales pour habituer mon oreille à la mélodie suédoise.
Ce faisant j’aurais largement amélioré ma compréhension expression et aurait même
eu un vocabulaire plus fourni.

Mon évolution et introduction dans le milieu du travail suédois aurait sans doute été bien moins douloureux.

L’important à retenir c’est que l’expression et compréhension orales sont deux axes très importants de la langue à ne surtout pas négliger.
Pourtant ce sont les parties que l’on met volontiers de côté comme je l’ai fait dans mon apprentissage ou comme ça se fait souvent au collège ou au lycée par exemple.

Le but est de savoir vous débrouiller dans la vie de tous les jours.

Savoir comment former une phrase correctement est évidemment tout aussi important. Mais ce n’est pas en récitant la page 67 de votre manuel de grammaire que vous serez compris par votre interlocuteur.
L’expression orale est la clé de la communication, en particulier si,  comme moi, vous avez pour objectif de vous expatrier.

Si c’est le cas, j’ai mis à votre disposition une guide d’apprentissage
des langues pour réussir son expatriation.
Vous y retrouverez :Des conseils pour apprendre facilement et durablement

1. Des lignes directrices pour savoir par où commencer l’apprentissage

2. Mes applications et techniques préférées pour apprendre avec les moyens du bord

3. Des témoignages d’expats sur le sujet et sur leurs expériences dans le pays d’accueil.